Artigat · 1556–1560

L’affaire
Martin Guerre

Un homme revient après huit années d’absence. Sa femme, ses sœurs, son oncle et tout un village le reconnaissent. Trois ans plus tard, la justice pose une question vertigineuse : qui est réellement cet homme ?

Chronique judiciaire Gascogne · XVIe siècle D’après Jean de Coras
16 septembre 2026 · 466 ans jour pour jour

Nous sommes le 16 septembre 2026. Il est 10h20 à l’heure où j’écris ces lignes. Il y a 466 ans jour pour jour, mais je ne saurai préciser l’heure mais je juge qu’elle fut matinale, suivant la justice de l’époque, le soi-disant Martin Guerre marchait dans le village d’Artigat, dont il s’était revendiqué natif, la hart au col, afin que chacun le vît une dernière fois.

Image terrible : il arrive au pied d’une échelle où, en haut, la corde l’attend. Là, il avoua tout, demanda pardon, nia jusqu’au bout d’avoir usé d’aucun charme ni d’aucune magie, et appela sur lui la miséricorde de Dieu.

Le bourreau le prend par les bras, puis lui fait monter l’échelle à reculons avant de lui passer la corde au cou. Il redescend et retire l’échelle. Là commence un curieux spectacle, qui amuse tant les enfants : la danse de saint-gui des pieds qui recherchent un appui désespéré, les yeux exorbités, la lente asphyxie, l’agonie interminable.

Le bourreau entasse ensuite des fagots sous le pendu afin que son corps soit brûlé.

Ainsi se termine une affaire qui fascina le juge qui l’instruisit : l’affaire Martin Guerre.

Le nœud de l’enquête : une identité, deux hommesLe nom de Martin Guerre relie deux hommes. Leurs récits et la reconnaissance des témoins doivent être confrontés.IIIMartinGuerreUn hommeUn autre hommeQui reconnaît qui ?
Le fil de l’enquête : confronter les récits, les souvenirs et les reconnaissances.
I Le revenant

Un homme revient à Artigat

Quelques années plus tôt, Artigat avait vu revenir un homme que l’on n’attendait presque plus.

Martin Guerre avait quitté le pays depuis huit ans environ. Il était parti après quelque « léger larcin de bled » commis au préjudice de son propre père et, depuis lors, aucune nouvelle n’était parvenue à sa femme.

Bertrande de Rols attendait.

Elle avait été mariée fort jeune à Martin, alors qu’elle n’avait elle-même que neuf ou dix ans et que son époux était presque du même âge.

Durant huit ou neuf années, dira-t-elle plus tard, les époux étaient demeurés « liez et maléficiez », incapables de cohabiter charnellement. Ses proches lui avaient conseillé de demander la séparation ; elle s’y était toujours refusée.

Puis était venue la délivrance. Quatre messes, quelques hosties et fouaces données par un prêtre, et Bertrande s’était trouvée « dessorcelée ». Peu après naquit leur fils Sanxi.

Et Martin était parti.

Huit années passèrent.

Puis un homme entra dans Artigat.

Il disait être Martin Guerre.

Pierre Guerre, son oncle, le reçut pour son neveu. Ses quatre sœurs reconnurent leur frère. Ses anciens voisins reconnurent Martin.

Et Bertrande reconnut son mari.

Bertrande découvrant dans un coffre les chausses blanches évoquées par le revenant
II Les enseignes

« Ne te souvient-il pas… ? »

Ce n’était pas seulement une ressemblance.

Le revenant savait.

À Bertrande, il donnait des preuves autrement troublantes. Il connaissait les paroles échangées dans l’intimité du mariage, les lieux, les circonstances, jusqu’à ces souvenirs qu’une femme pouvait croire impossibles à connaître d’un autre homme.

Dès leur première rencontre, il lui demanda d’aller chercher « les chausses blanches, doublées de taffetas blanc » qu’il disait avoir laissées dans un coffre avant son départ.

On ouvrit le coffre.

Les chausses y étaient encore.

« Ne te souvient-il pas quand nous estions en un tel lieu ? Il y a dix, douze, quinze ou vingt ans que nous faisions une telle et telle chose en la présence de tel et tel. »

Récit rapporté par Jean de Coras

Il connaissait le mariage. Les personnes présentes aux noces. Les vêtements qu’elles portaient. Le prêtre qui les avait unis. Ceux qui étaient entrés dans la chambre nuptiale.

Plus extraordinaire encore : interrogé plus tard sur les huit ou neuf premières années du mariage, durant lesquelles Martin et Bertrande avaient été, selon elle, « liez et maléficiez », il sut le nom du prêtre, les cérémonies et les circonstances.

Il répondit, rapporte Coras, « en tout comme ladite de Rois, sans en rien faillir, adjouster, ni diminuer ».

Comment douter ?

III La vie retrouvée

Trois années sous le nom de Martin Guerre

Le revenant reprit sa place.

Il mangea dans la maison de Martin Guerre. Il but avec ses parents. Il dormit auprès de Bertrande.

Pendant « trois ans et davantage », rapporte le texte, ils vécurent comme mari et femme, « mangeans, beuvans et couchans ordinairement ensemble ».

Deux enfants naquirent de cette union. L’un mourut.

Vie quotidienne de Bertrande et de l'homme reconnu comme Martin Guerre
01 Pendant plus de trois années, le revenant vit dans la maison, auprès de Bertrande, comme l’époux revenu d’une longue absence.

Durant ces années, Bertrande ne dénonça aucune imposture.

Bien au contraire.

Lorsque certains commencèrent à murmurer que cet homme pourrait ne pas être son mari, elle les démentit.

Elle disait que c’était Martin Guerre — « ou quelque diable en sa peau ».

La formule aurait pu n’être qu’une colère de femme. Elle allait bientôt devenir une question judiciaire.

Querelle entre Pierre Guerre et l'homme revenu sous le nom de Martin Guerre
IV La rupture

L’argent fait naître le doute

Le doute ne paraît pas avoir commencé dans la chambre conjugale.

Il commença autour des biens.

Pendant l’absence de Martin, son oncle Pierre Guerre avait détenu et administré ses intérêts.

Le revenu demanda ce qui lui appartenait. Il réclama ses biens, puis le compte des fruits perçus durant son absence.

Pierre Guerre temporisa.

Selon celui que l’on tenait encore pour son neveu, l’oncle le « reput de belles paroles » pendant longtemps.

Mais le prétendu Martin insista.

Un jour, l’homme fut attaqué. Un coup de barre le jeta à terre.

On l’aurait peut-être assommé si Bertrande elle-même ne s’était étendue sur lui pour recevoir les coups.

L’image est capitale.

Celle qui deviendra bientôt son accusatrice protège encore de son propre corps celui qu’elle tient pour son mari.

Puis l’accusation change de nature.

Le doute apparaît Et si cet homme n’était pas Martin Guerre ?
V La plainte

Janvier 1559 — l’accusation

Janvier 1559 Bertrande paraît devant la justice.

Cette fois, elle accuse.

L’homme avec lequel elle vit depuis trois années ne serait pas son mari.

Il aurait pris le nom et la personne de Martin Guerre.

Et l’on prononce désormais le nom d’un autre homme :

Arnault du Thilh, dit Pansette.

Commence alors une affaire presque insoluble.

Car l’accusé ne reconnaît rien.

Il soutient être Martin Guerre avec une assurance extraordinaire.

Selon lui, toute cette accusation a été fabriquée par Pierre Guerre parce que son oncle refuse de restituer les biens et d’en rendre compte.

Et il dispose d’un argument redoutable : pendant trois années, cette femme l’a reconnu pour mari.

Comparution au procès Martin Guerre devant de nombreux témoins
Le procès Cent cinquante témoins.
Et aucune vérité certaine.
VI Les témoignages

Deux vérités

On entendit environ cent cinquante personnes.

Et la vérité éclata en morceaux.

Trente ou quarante témoins affirmèrent que le prisonnier était Martin Guerre.

Ils l’avaient connu enfant, avaient vécu près de lui, l’avaient « hanté et fréquenté ».

Un groupe plus nombreux affirma au contraire reconnaître Arnault du Thilh, qu’ils disaient connaître depuis le berceau.

Et plus de soixante autres refusèrent de choisir.

Il y avait une « si grande similitude » qu’ils n’osaient assurer s’il s’agissait de l’un ou de l’autre.

Même le corps parlait deux langues.

Martin Guerre, disait-on, était plus noir de teint, grêle de corps et de jambes, légèrement voûté, portant la tête entre les épaules, le menton fourchu, le nez large et camus.

Le prisonnier était plus petit, trapu et fourni de corps.

Le cordonnier qui avait chaussé Martin apporta une mesure presque dérisoire et pourtant terrible :

Martin chaussait à douze points ; le prisonnier à neuf.

Mais d’autres marques correspondaient.

Deux surdents. Une cicatrice au front. Un ongle enfoncé. Plusieurs verrues. Une petite marque rouge à l’œil gauche.

Tout ce que l’on cherchait chez Martin Guerre semblait pouvoir se retrouver sur cet homme.

VII Le témoignage oublié

L’homme que personne ne put entendre

Au milieu de ces contradictions apparut pourtant une information singulière.

Deux témoins racontèrent qu’un soldat de Rochefort, passant quelque temps auparavant à Artigat, s’était étonné de voir cet homme se dire Martin Guerre.

Cet homme était un trompeur, aurait-il déclaré.

Car le véritable Martin Guerre se trouvait en Flandres.

Et il n’avait plus qu’une jambe.

L’autre était de bois, la première ayant été perdue d’un coup de boulet devant Saint-Quentin, à la journée de saint Laurent.

La révélation aurait dû tout résoudre.

Elle ne résolut rien.

Le soldat n’était pas devant la Cour. On ne possédait que le récit de ceux qui l’avaient entendu.

VIII Toulouse

Le Parlement ne sait plus qui croire

Le juge de Rieux avait condamné le prisonnier à perdre la tête et à être mis en quatre quartiers.

Il fit appel.

L’affaire arriva devant le Parlement de Toulouse.

Et là, tout recommença.

Confronté à Bertrande, le prisonnier montra une contenance si assurée, tandis que la femme paraissait si troublée, qu’il y eut, rapporte Coras, « peu de juges assistans » qui ne commencèrent à croire que l’homme était véritablement Martin Guerre.

De nouveaux témoins furent entendus.

Neuf ou dix reconnaissaient Martin Guerre.

Sept ou huit reconnaissaient Arnault du Thilh.

Les autres ne savaient plus.

« La Cour estoit en merveilleuse perplexité. »

Jean de Coras
Arrivée de l'homme à la jambe de bois devant la Cour
Alors que la Cour s’apprête à juger Puis un homme entra.
Il revenait d’Espagne.
Et il avait une jambe de bois.
IX Le coup de théâtre

Le véritable Martin ?

L’homme disait s’appeler Martin Guerre.

Ainsi le soldat de Rochefort avait peut-être dit vrai.

Mais le plus extraordinaire restait à venir.

Lorsqu’on interrogea ce nouveau venu, ses réponses furent moins précises que celles du prisonnier.

Puis les deux hommes furent confrontés.

Confrontation entre les deux hommes affirmant être Martin Guerre
X Face à face

Deux Martin Guerre

Celui que l’on accusait d’être Arnault du Thilh ne se troubla pas.

Il traita le nouveau venu de « nouveau venu, affronteur, meschand, bélistre ».

Il soutint que Pierre Guerre l’avait acheté « à deniers contans » et lui avait appris son rôle.

Puis il se mit lui-même à interroger son adversaire.

Sur la maison. Sur la famille. Sur le passé.

Et le nouveau venu répondait moins bien que lui.

L’imposteur savait mieux « farder ses mensonges » que l’autre ne savait s’aider de la vérité.

Jean de Coras

Les commissaires imaginèrent alors une dernière épreuve.

Séparément, en secret, ils posèrent aux deux hommes dix ou douze questions portant sur des choses cachées dont ni l’un ni l’autre n’avait encore été interrogé.

Le premier répondit.

On fit venir le second.

Il répondit de même.

La compagnie en fut ébahie.

Certains commencèrent à penser à la magie.

Reconnaissance du véritable Martin Guerre par sa sœur
XI La reconnaissance

« Voici mon frère Martin Guerre »

Il restait les sœurs.

L’aînée entra.

Elle contempla quelque temps l’homme à la jambe de bois.

Puis elle se mit à pleurer, courut vers lui et l’embrassa.

« Voici mon frère Martin Guerre ; je confesse franchement l’erreur auquel ce proditeur abominable m’avoit, et mes autres sœurs, voire à tout le peuple d’Artigat, constitué et longuement entretenu. »

Témoignage rapporté par Jean de Coras

Puis Bertrande entra.

Elle jeta les yeux sur le nouveau venu.

Et tout s’effondra.

Coras la décrit « toute esplorée et tremblante comme la feuille agitée des vents », le visage baigné de larmes.

Elle courut embrasser Martin et lui demanda pardon.

Martin Guerre, lui, ne pardonna pas.

Devant ses sœurs, il avait pleuré.

Devant sa femme, son visage resta fermé.

« Laissez à part ces pleurs, desquels je ne me puis, ny ne me dois esmouvoir. [...] Il n’y a père, mère, oncle, sœurs, ny frères qui doivent mieux cognoistre leur fils, nepveu ou frère que la femme cognoistre le mary. Et du désastre qui est advenu à nostre maison, nul n’a le tort que vous. »

Martin Guerre à Bertrande

Cette fois, il n’y avait plus deux Martin Guerre.

Il restait Martin Guerre.

Et l’autre.

XII Le jugement

Arnault du Thilh

12 septembre 1560 Le Parlement de Toulouse prononce son arrêt définitif.

Le prisonnier était bien Arnault du Thilh, dit Pansette.

Il serait conduit devant l’église d’Artigat, en chemise, tête et pieds nus, la hart au col, une torche de cire ardente dans les mains.

Là, il devait demander pardon à Dieu, au roi, à la justice, à Martin Guerre et à Bertrande.

Puis on le conduirait devant la maison de Martin Guerre.

Là serait dressée la potence.

Il serait « pendu et estranglé ».

Son corps serait ensuite brûlé.

Dernier trajet d'Arnault du Thilh dans Artigat avant son exécution
16 septembre 1560 Il retourne à Artigat.
Cette fois, pour y mourir.
XIII La révélation

« Jouer la tragédie »

C’est seulement à cet instant que l’on peut comprendre comment tout avait commencé.

Quelques années auparavant, revenant du camp de Picardie, Arnault du Thilh avait été pris spontanément pour Martin Guerre par plusieurs personnes.

Et pas par des inconnus.

Il nomma notamment maître Dominique Pujol et Pierre de Guilhet, hommes qui avaient été des connaissances familières de Martin.

Du Thilh comprit alors que, si les amis de Martin pouvaient déjà se tromper sans qu’il eût rien fait pour les tromper, beaucoup d’autres pourraient l’être à leur tour.

Il s’informa.

Sur la famille. Sur les parents. Sur Bertrande. Sur le passé.

Il apprit.

Il retint.

Puis il se présenta à Artigat.

Une fois admis dans la maison, la vie elle-même compléta ce qu’il ignorait.

Coras donne à son entreprise un nom extraordinaire.

« De jouer la tragédie. »

Confession d’Arnault du Thilh
Dossier ancien évoquant le travail de Jean de Coras sur l'affaire Martin Guerre
XIV La mémoire du procès

Le livre, la chanson et le doute

Restait à en faire un livre, et ce fut l’affaire du rapporteur.

Jean de Coras, conseiller au Parlement, publia son rapport enrichi de « cent et onze belles et doctes annotations ».

L’imprimeur lyonnais présentait l’affaire comme « presque une tragi-comédie ».

Le fait divers d’Artigat entrait en librairie sous les habits du théâtre.

De là, l’affaire ne cessa plus de se répandre.

De Thou lui donna sa page dans son Histoire universelle. Henri Estienne la rangea parmi les impostures fameuses. Lafaille la raconta dans ses Annales de Toulouse.

Et le pays, lui, en fit une chanson.

Auger Gaillard, le charron de Rabastens, lui consacra des vers en langue d’oc.

« Car dabant sa maisou lou fec ana pengia. »

Auger Gaillard — « Car devant sa maison il le fit aller pendre »

Toute la Cour de Toulouse, ses cent cinquante témoins et les cent onze annotations de Coras tiennent, pour le village, dans cette potence-là.

Un seul homme osa pourtant dire que l’on n’y avait peut-être rien compris.

Montaigne, qui avait lu Coras, n’en gardait qu’un vertige : l’imposture lui semblait si extraordinaire, « et excédant de si loin notre connaissance et la sienne, qui estoit juge », qu’il trouvait beaucoup de hardiesse dans l’arrêt qui avait condamné l’homme à être pendu.

Que la Cour n’y entend rien.

Montaigne · Essais · III, 11 · « Des boiteux »

Trois siècles et demi passèrent.

Le 6 février 1902, la Société ariégeoise des sciences, lettres et arts, réunie à Foix, émit le vœu que l’on republiât les pièces de cette affaire.

F. Pasquier s’en chargea.

Il emprunta à un archiviste toulousain l’un des rares exemplaires de l’édition lyonnaise, collationna le texte sur les registres de la Tournelle et fit paraître l’ensemble dans le Bulletin de 1903.

Ainsi Artigat recouvrait son procès : un village, une maison, deux hommes — et la question de savoir lequel était Martin Guerre.

Fred Augé
Sources & bibliographie

Pour aller aux textes

01

PASQUIER (F.), « Substitution de mari à Artigat en 1560, ou l’histoire de Martin Guerre d’après les témoignages contemporains », Bulletin de la Société ariégeoise des sciences, lettres et arts et de la Section des études du Couserans, neuvième volume, n° 2, 1903, p. 49-73. Avant-propos, texte de l’arrêt, récit de l’exécution et pièces justificatives.

02

CORAS (Jean de), Arrest mémorable du Parlement de Tolose, contenant une histoire prodigieuse d’un supposé mary, advenue de nostre temps, enrichie de cent et onze belles et doctes annotations , Lyon, Barthélemy Vincent, 1605.

03

Archives départementales de la Haute-Garonne , série B, section criminelle, registres de la Tournelle, 12 septembre 1560.

04

THOU (Auguste de), Histoire universelle, livre XVI, Londres, 1734, t. III, p. 581-582.

05

ESTIENNE (Henri), Apologie d’Hérodote, La Haye, 1731, t. I, préface, p. 15.

06

LAFAILLE, Annales de Toulouse, t. II, p. 198-199.

07

MONTAIGNE, Essais, livre III, chapitre 11, « Des boiteux ».

08

GAILLARD (Auger), dit lou roudié de Rabastens, « Les anous proudigiousis », Poésies languedociennes et françaises, éd. Clausade, Albi, p. 273.

09

DUCLOS (abbé), Histoire des Ariégeois, t. IV, p. 422-424.

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