Le Cimetière de Saint-Privat, guerre de 1870
Histoire & Mémoire · Chroniques Gasconnes

Le veilleur
de 1870

Le monument aux morts d'Astaffort, ou la mémoire d'une guerre oubliée.
19 juillet 1870 France · Prusse Astaffort Mémoire
Une guerre dont le monument se souvient encore
Si, un jour, vous empruntez la route qui mène d'Auch à Agen, vous passerez par Astaffort. Passé le panneau d'entrée, si vous continuez tout droit, plutôt que de prendre la déviation, vous tomberez sur un monument, un monument aux morts. Quoi de plus banal, me direz-vous : il n'y a pas un seul village de Gascogne qui n'ait célébré le sacrifice de ses enfants morts aux combats par un tel monument. Mais le promeneur attentif remarquera que ce monument n'est pas dédié à la guerre de 14/18, mais à celle de… 1870 !

1870… ? Une guerre en 1870 ? Cela n'évoquera rien. Et pourtant, si je vous dis que cette guerre est la cause directe des effroyables guerres du XXe siècle, peut-être m'écouterez-vous…
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13 juillet
la dépêche d'Ems
19 juillet
la France déclare la guerre
2 septembre
Napoléon III prisonnier
18 janvier 1871
l'Empire allemand à Versailles
I

Un bout de papier

Tout ce drame commence par… un bout de papier ! Oui, un simple bout de papier, insignifiant en lui-même, tant dans sa forme que dans sa formulation. Mais, aux mains d'un homme habile et intelligent — et Dieu sait si Otto von Bismarck, chancelier de Prusse, l'est —, il va devenir une arme de destruction.

À l'époque, ce bout de papier est ce qu'on appelle une dépêche. Elle va rester dans l'Histoire sous le nom de la dépêche d'Ems.

Nous sommes à Ems, une station thermale, en juillet 1870, où le roi de Prusse Guillaume Ier a l'habitude de « prendre ses eaux ». C'est un moment de détente qu'il apprécie, mais il est agacé, cette année. Depuis quelques semaines, une affaire diplomatique embrouille les relations entre Berlin et Paris, une querelle dynastique d'un autre âge.

Le trône d'Espagne s'étant avéré vacant, un prince de Hohenzollern, cousin du roi de Prusse, s'est porté candidat. La France y a vu, comme au bon vieux temps de François Ier et de Charles Quint, l'étau allemand se refermer sur elle !

Avec un peu de diplomatie, l'affaire pourrait se dénouer, malgré les lourdes insistances du comte Benedetti, l'ambassadeur français. Guillaume reçoit l'ambassadeur de France avec une courtoisie lasse, et fait télégraphier à son chancelier le compte rendu de l'entrevue.

Portrait d'Otto von Bismarck
Otto von Bismarck, chancelier de Prusse — l'homme du « bout de papier ».

Otto von Bismarck tient entre ses mains une dépêche tiède ; il va la rendre brûlante. Il connaît la psychologie française. Il tient là l'occasion qu'il attend depuis des années. Tous les pions sont en place. Il a infligé à l'Autriche une défaite cinglante en 1866, à la bataille de Sadowa : il n'a rien à craindre de ce côté-là. Et, avec sa politique étrangère erratique, la France ne peut compter sur aucun soutien en Europe.

Et l'occasion est là, dans ses mains ! Il lui suffit juste… d'un crayon !

Quelques mots retranchés, et le refus poli et fatigué de Guillaume se transforme en une véritable humiliation : l'ambassadeur français aurait été congédié par une fin de non-recevoir — et par un subalterne, encore, en termes à peine polis !

Il suffit ensuite de transmettre le texte rectifié aux grandes agences de presse… et l'effet est immédiat ! Un chiffon rouge agité devant un taureau furieux ne produirait pas plus d'effet !

La foule parisienne s'enflamme sous l'affront, suivie des politiques — à part quelques exceptions lucides, comme il y en a à toutes les époques. « À la guerre ! À la guerre ! » crie-t-on de toutes parts !

Elle est déclarée le 19 juillet.

Bismarck a obtenu exactement l'effet attendu : « Regardez, regardez ces Français qui nous déclarent la guerre alors que nous n'avons rien fait ! Allons-nous les laisser faire ?! »

Comme un seul homme, toutes les principautés allemandes, même les catholiques, se rangent derrière la Prusse. Rien n'unit comme un ennemi commun, et nulle forge ne vaut une guerre que l'on gagne.

Le bout de papier n'était pas un malentendu. C'était un instrument, taillé exprès.

Télégraphe · presse · opinion
Quelques mots retranchés. Une guerre ajoutée.
Au XIXe siècle, l'information voyage désormais presque aussi vite que l'indignation. Le télégraphe donne à une formulation diplomatique une puissance qu'aucune dépêche manuscrite n'avait possédée auparavant.
II

L'été qui bascule

Seulement… les politiciens français ont encore menti. Menti, Émile Ollivier, premier ministre, qui déclare « nous partons à la guerre d'un cœur léger » ; menti, le maréchal Le Bœuf, ministre de la Guerre, qui proclame qu'« il ne manque pas un bouton de guêtre à nos uniformes »… Mentis, les parlementaires qui ont hurlé avec les loups… Mentis, les calculs sur la logistique ferroviaire… Rien n'est prêt, pas même les uniformes… La mobilisation se passe dans un chaos total…

Et Napoléon III dans tout cela ? Il est loin, le fringant aventurier qui s'évadait du fort de Ham… Il est blême, livide. Il souffre atrocement de ce qu'on appelait autrefois la gravelle, la maladie de la pierre : des calculs rénaux qui provoquent des douleurs effroyables.

Ses généraux ? Un ramassis d'imbéciles tout juste bons à faire le coup de poing contre les bandes d'Arabes en Algérie. Regardez le portrait du maréchal Bazaine : cette face bouffie, ces yeux porcins, ce front bas… Ces généraux d'opérette vont se retrouver confrontés à une armée ultramoderne, équipée des fameux canons d'acier Krupp, à chargement par la culasse.

Le maréchal Achille Bazaine
Le maréchal Achille Bazaine, par Jean-Adolphe Beaucé (1867).

En face, le fantassin français n'a qu'un seul atout, mais il est de taille : le fusil Chassepot. Fusil à canon rayé d'une portée de 1 500 mètres — soit deux fois plus que le Dreyse prussien — et d'une précision redoutable.

L'illusion dure quelques jours. En face attendent une armée plus nombreuse, des canons d'acier qui portent plus loin, des chemins de fer qui déversent les troupes à l'heure dite, un état-major qui a tout prévu. En Alsace, dès les premiers chocs, le sang coule par torrents. C'est là, à Reichshoffen, que les cuirassiers se ruent contre l'infanterie prussienne et se font hacher dans les vergers et les houblonnières — charge magnifique et inutile, dont la chromo ornera bientôt tous les murs d'école. Déjà le motif est fixé : la bravoure d'un côté, le désastre de l'autre.

La charge des cuirassiers à Reichshoffen
La charge des cuirassiers à Reichshoffen, par Aimé Morot — l'image fondatrice de la bravoure sacrifiée.
Les batailles jusqu'à Sedan — été 1870
Date Bataille Côté français Issue
2 août Sarrebruck reconnaissance offensive Petit succès symbolique
4 août Wissembourg division Abel Douay Défaite ; le général Douay tué
6 août Frœschwiller-Wœrth (dite de Reichshoffen) Mac-Mahon Défaite ; charges des cuirassiers
6 août Spicheren (Forbach) Frossard Défaite
14 août Borny-Colombey Bazaine Indécise ; la retraite retardée
16 août Mars-la-Tour / Rezonville Bazaine L'armée du Rhin coupée de sa retraite
18 août Saint-Privat / Gravelotte Bazaine Défaite ; l'armée refoulée dans Metz
30 août Beaumont Mac-Mahon (armée de Châlons) Surprise ; l'armée rabattue sur Sedan
1er sept. Sedan Mac-Mahon, puis Wimpffen Désastre ; capture de Napoléon III le 2

Le désastre, justement, s'organise. Une armée se laisse enfermer dans Metz. L'autre, traînant l'Empereur malade, se laisse cerner à Sedan ; et le 2 septembre, Napoléon III rend son épée. En deux mois, l'Empire est par terre. À Paris, le 4 septembre, on proclame la République — qui, elle, refuse de se rendre.

Napoléon III prisonnier à Sedan
Napoléon III prisonnier à Sedan, par Wilhelm Camphausen.

Alors commence l'autre guerre, la plus belle et la plus vaine : celle des armées levées dans la hâte d'un automne, des conscrits sans capote et des mobiles sans instruction. Gambetta quitte Paris assiégé en ballon pour aller, en province, susciter des soldats du néant.

Monument à Léon Gambetta à Cahors
Le monument à Léon Gambetta, à Cahors, sa ville natale.

C'est l'épopée de l'armée de la Loire, qui reprend Orléans puis le reperd, et que le général Chanzy entraîne dans une retraite d'hiver à travers la Beauce gelée, se battant pied à pied contre le froid autant que contre l'ennemi. La guerre qui devait finir à Sedan dure encore dans la neige, jusqu'à l'armistice du 28 janvier 1871. Elle aura coûté à la France plus de cent mille hommes.

Le général Antoine Chanzy
Le général Antoine Chanzy, l'âme de l'armée de la Loire.
La guerre après l'Empire — la Défense nationale
Date Engagement Acteur principal Issue
19 sept. – 28 janv. Siège de Paris Trochu Capitulation finale
27 sept. Chute de Strasbourg — Capitulation après bombardement
27 oct. Capitulation de Metz Bazaine Une armée intacte livrée sans combattre
28-30 oct. Le Bourget sortie parisienne Position reprise, puis perdue
9 nov. Coulmiers d'Aurelle de Paladines Victoire française ; Orléans repris
30 nov. – 2 déc. Champigny (Villiers) Ducrot Grande sortie de Paris ; échec
2 déc. Loigny Sonis, Charette Défaite ; charge des zouaves pontificaux
3-4 déc. Reprise d'Orléans — L'armée de la Loire scindée en deux
23-24 déc. La Hallue Faidherbe Indécise
3 janv. Bapaume Faidherbe Succès tactique, puis repli
9 janv. Villersexel Bourbaki Succès tactique
10-12 janv. Le Mans Chanzy Défaite de la 2e armée de la Loire
15-17 janv. Héricourt / la Lisaine Bourbaki Échec devant Belfort
19 janv. Saint-Quentin et Buzenval Faidherbe / Trochu Double défaite ; dernière sortie de Paris
28 janv. Armistice — Fin des combats
Le combat du Bourget
Le combat du Bourget, octobre 1870.
La défense de la porte de Longboyau
La défense de la porte de Longboyau, par Alphonse de Neuville — l'acharnement des derniers combats autour de Paris.

L'année 1870 sera surnommée « l'année terrible ».

Trente-deux jours
Un Empire tombe
à la vitesse du chemin de fer.
4 août
Wissembourg
6 août
Reichshoffen · Forbach
18 août
Gravelotte · Saint-Privat
1 septembre
Sedan
4 septembre
la République
III

Le sacrifice et la trahison

Dix jours avant cet armistice, dans la galerie des Glaces de Versailles, sous les plafonds peints à la gloire de Louis XIV, les princes allemands acclament Guillaume empereur. On a voulu que l'humiliation eût lieu là, dans la maison du Roi-Soleil. Puis vient le traité de Francfort, et l'amputation : l'Alsace et une part de la Lorraine arrachées à la France, et passées sous le drapeau noir et blanc.

Proclamation de l'Empire allemand à Versailles
La proclamation de l'Empire allemand dans la galerie des Glaces, 18 janvier 1871.
Versailles · 18 janvier 1871
La victoire militaire devient Empire.
La galerie construite pour célébrer la grandeur française devient, le temps d'une cérémonie, le théâtre de l'unité allemande. L'humiliation entre immédiatement dans la mémoire.

Que l'on entende bien ce que ressent alors le pays, car c'est cela seul que le bronze d'Astaffort dira plus tard. Le soldat n'a pas failli. Il s'est battu comme un lion, à Reichshoffen comme sur la Loire, et il est tombé sans avoir démérité. Ce sont les chefs qui l'ont trahi : ce maréchal qui, dans Metz, a livré une armée entière encore intacte, et que la République traînera devant un conseil de guerre pour le condamner. La faute est aux politiques et aux généraux ; l'honneur reste aux morts. Telle est la conviction d'une époque, et il faut la prendre telle qu'elle se donne.

De cette blessure naît une génération tout entière, celle de la revanche. À Paris, sur la place de la Concorde, la statue qui figure Strasbourg se couvre de crêpe et de couronnes, et le restera près d'un demi-siècle. Dans les écoles, l'instituteur lit « La Dernière Classe » d'Alphonse Daudet, où un vieux maître alsacien donne en français son ultime leçon. On apprend aux enfants à regarder vers l'est, vers cette « ligne bleue des Vosges » derrière laquelle attendent les provinces perdues. C'est dans cet esprit que s'élèveront les monuments de 1870 : on n'y montre pas la défaite, mais le patriote qui se redresse, vaincu par le nombre et non par sa faute. La pierre ne pleure pas un échec ; elle exalte un sacrifice.

Les protagonistes

Ceux qui firent la guerre, et ceux qui la perdirent

Côté allemand

Otto von Bismarck

1815 – 1898

Ministre-président de la Prusse, artisan de l'unité allemande par trois guerres — Danemark (1864), Autriche (1866), France (1870). La dépêche d'Ems est son chef-d'œuvre. Premier chancelier de l'Empire en 1871, le « chancelier de fer » sera congédié par Guillaume II en 1890.

Guillaume Ier

1797 – 1888

Roi de Prusse, proclamé empereur allemand dans la galerie des Glaces le 18 janvier 1871 — titre qu'il accepta presque à contrecœur, jugeant qu'il effaçait la vieille Prusse.

Helmuth von Moltke

1800 – 1891

Chef d'état-major prussien, cerveau militaire de la guerre. Il fit du chemin de fer, du télégraphe et de l'initiative laissée aux subordonnés les instruments d'une victoire foudroyante.

Côté français

Napoléon III

1808 – 1873

Empereur des Français, malade et usé, prisonnier à Sedan, déchu le 4 septembre. Il mourut en exil en Angleterre, en janvier 1873, des suites de cette « gravelle » qui le torturait pendant la campagne.

Émile Ollivier

1825 – 1913

Chef du gouvernement de l'« Empire libéral », emporté par sa propre phrase — la guerre acceptée « d'un cœur léger » — et chassé du pouvoir dès le 9 août, après les premières défaites.

Comte Benedetti

1817 – 1900

Ambassadeur de France à Berlin, c'est lui qui pressa Guillaume Ier à Ems. Son compte rendu de l'entrevue fournit la matière brute que Bismarck retailla.

Patrice de Mac-Mahon

1808 – 1893

Maréchal, battu à Frœschwiller puis blessé à Sedan. Il écrasera la Commune, puis deviendra président de la République (1873-1879).

Achille Bazaine

1811 – 1888

Maréchal, il laissa enfermer dans Metz une armée intacte qu'il livra le 27 octobre. Jugé en 1873, condamné pour capitulation, évadé en 1874, il mourut dans la disgrâce et l'exil, à Madrid. Le visage de la trahison, pour toute une génération.

Léon Gambetta

1838 – 1882

Proclamateur de la République, âme de la résistance à outrance. Sorti de Paris assiégé en ballon, il leva en province des armées entières à partir de presque rien.

Antoine Chanzy

1823 – 1883

Général de la 2e armée de la Loire, il mena la plus belle des retraites d'hiver à travers la Beauce gelée. L'un des rares chefs à sortir grandi du désastre.

IV

Pourquoi Astaffort ?

Une génération plus tard, la commune d'Astaffort, par souscription, dans la ferveur civique de la revanche, choisit de fixer dans la fonte le souvenir de ses morts. Elle élit, pour cela, la figure d'un officier qui, en tombant, tient encore le drapeau levé pour qu'il ne touche pas le sol — toute la foi d'un pays vaincu qui refuse de plier. Sur la pierre, nul nom : seulement la dédicace aux enfants du canton d'Astaffort morts pour la patrie. Ce n'est pas une liste de deuils particuliers, c'est un hommage de la cité entière ; les noms, eux, dorment ailleurs, dans les cartons.

▸ Les enfants du canton tombés en 1870 : relevé MemorialGenWeb

Les gens qui érigent ces monuments ne savent pas encore que, dans à peine une vingtaine d'années, la France entière se couvrira de monuments en souvenir d'une autre guerre — surnommée « la Grande Guerre », ou la « der des der » —, massacre effroyable où l'héroïsme du combattant ne peut plus rien face aux orages d'acier qui broient tout.

Ils ne savent pas encore que, une génération plus tard, les poilus qui avaient combattu à Verdun verront défiler une armée allemande triomphante. La France sera exsangue. Il faudra cette fois des armées étrangères, venues de l'Ouest et de l'Est, pour triompher. Le 8 mai 1945 marque la fin d'une machine infernale lancée un 19 juillet 1870…

V

L'oubli

Aujourd'hui, nul ne ralentit devant lui. La fonte a pris la rouille là où le bronze prend le vert ; l'officier tient toujours son drapeau, mais plus personne ne lève les yeux. Une guerre oubliée, veillée par un soldat que l'on ne regarde plus.

Pour aller plus loin
Sources & bibliographie
Quelques repères pour replacer le monument d'Astaffort dans l'histoire militaire de 1870-1871, dans la naissance de l'Empire allemand et dans la mémoire française de la défaite.
Synthèses
historiques
  • François Roth, La Guerre de 1870, Paris, Fayard, 1990 ; réédition, coll. « Pluriel », 2011. La grande synthèse moderne sur les origines, les opérations, la défaite française et les conséquences franco-allemandes du conflit.
  • Stéphane Audoin-Rouzeau, 1870 : la France dans la guerre, Paris, Armand Colin, 1989. Une étude essentielle pour comprendre la guerre vécue par les combattants et la société française.
  • Pierre Milza, L'Année terrible. La guerre franco-prussienne, septembre 1870-mars 1871, Paris, Perrin, 2009. Récit et analyse de l'effondrement impérial, de la Défense nationale et du siège de Paris.
Sources militaires
& cartographie
  • Section historique de l'État-major de l'armée, La Guerre de 1870-71, Paris, R. Chapelot et Cie, 1901-1914, 44 volumes. Ensemble documentaire majeur consacré aux opérations militaires françaises, notamment aux combats autour de Metz, à l'armée de Châlons et à la Défense nationale.
  • Grand État-Major allemand, cartes et études de la bataille de Gravelotte-Saint-Privat, Berlin, E. S. Mittler & Sohn, documentation cartographique conservée à la Bibliothèque nationale de France.
  • Schlacht bei Gravelotte-St-Privat am 18 August 1870, cartes contemporaines du champ de bataille, publiées en 1870 et conservées au département des Cartes et plans de la BnF.
Mémoire
de la guerre
  • Victor Hugo, L'Année terrible, 1872. La guerre, le siège de Paris et la Commune vus à travers la poésie et le deuil national.
  • Alphonse Daudet, Contes du lundi, 1873, notamment « La Dernière Classe » : l'un des textes qui ont le plus contribué à fixer la mémoire des provinces perdues dans l'imaginaire français.
  • Musée de l'Armée, France-Allemagne(s), 1870-1871. La Guerre, la Commune, les Mémoires, catalogue d'exposition, Musée de l'Armée / Gallimard, 2017.
Astaffort
& le monument
  • Musée d'Orsay — À nos Grands Hommes, notice du Monument aux morts de 1870 d'Astaffort, fonds Debuisson. La notice identifie l'œuvre comme une statue en fonte d'Onésyme-Aristide Croisy et reproduit l'inscription : « À la mémoire des enfants du canton d'Astaffort morts pour la Patrie / 1870-71 ».
  • Aristide Croisy, La Défense du drapeau, figure issue du monument au général Chanzy du Mans et diffusée séparément : modèle utilisé pour le monument d'Astaffort.
  • MemorialGenWeb, relevés concernant les combattants du canton d'Astaffort morts pendant la guerre de 1870-1871.
  • Le Souvenir Français et recherches locales menées dans l'ancien canton d'Astaffort : travaux de mémoire et d'identification des soldats morts pour la France en 1870-1871.
Les schémas de Gravelotte-Saint-Privat présentés dans cet article sont des restitutions graphiques simplifiées destinées à rendre lisibles les principales positions et mouvements ; ils ne constituent pas des relevés topographiques.
Astaffort · mémoire de 1870
Le veilleur
est toujours là.
La guerre s'est éloignée. Les uniformes ont disparu, les frontières ont changé, les morts ont quitté les mémoires familiales. Mais l'officier tient toujours son drapeau.
La rouille est la couleur de l'oubli.
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