Aux origines de la Gascogne
— III —


Le Chêne de Crassus

La conquête romaine de l'Aquitaine — été 56 avant notre ère

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Qu'il me soit permis de débuter cette chronique par une anecdote personnelle. Mon père, qui travaillait à Pau, nous emmenait passer le week-end dans une maison qu'il avait dans le Gers. Nous partions sur la Nationale, et, à l'entrée d'Aire sur l'Adour, sur la butte dominant la ville, il nous parlait du « chêne de Crassus », « et dire que Crassus est venu ici », etc… Ayant appartenu à une génération d'enfants qui avaient lus Astérix, je n'ignorais pas que la Gaule avait été conquise par Jules César. Mais Crassus, l'homme le plus riche de Rome, concurrent de Pompée le Grand et César, que serait-il bien venu fiche ici, à Aire s/Adour… ?! Bien sûr, à partir de la classe de 4ème, avec l'option latin, nous avions l'opportunité de lire De Bello Gallico dans sa version originale. Hélas, mes laborieux apprentissages des déclinaisons latines ne me permirent jamais de comprendre goutte à quoi que ce soit. Aussi, finalement, j'accordai peu de crédit à cette information paternelle relative au « chêne de Crassus » d'Aire s/Adour. Ce n'est que plus tard, bien plus tard, que j'ai compris mon erreur : nous ne parlions pas du même Crassus. Aussi, en son souvenir, je vais essayer de raconter cette histoire aujourd'hui.

— I —

Un jeune homme pressé

Publius Licinius Crassus n'est pas n'importe qui. Il est le second fils du triumvir Marcus Licinius Crassus, l'homme le plus riche de Rome, celui qui avait vaincu Spartacus sept ans plus tôt et crucifié six mille esclaves le long de la voie Appienne. De ce père redouté, Publius tient la fortune, le nom, et une impatience d'exister à son tour. Il a reçu l'éducation classique des jeunes aristocrates : rhétorique, philosophie, admiration déclarée pour Cicéron. Quand César entre en Gaule au printemps 58 avant notre ère, Publius est de ses légats. Il a une vingtaine d'années.

En 58, déjà, il s'était distingué à la bataille de l'Ochsenfeld, contre le roi germain Arioviste : c'est à lui que César, voyant son aile droite vaciller, avait confié l'ordre d'engager les réserves. Le jeune légat avait manœuvré avec assez de sang-froid pour retourner la journée. En 57, on l'avait envoyé en Armorique recevoir la soumission des peuples côtiers, mission qu'il avait remplie avec une efficacité inquiétante pour ses supérieurs — on pardonne rarement à un jeune homme de trop bien réussir.

L'hiver 57-56, il le passe chez les Andes, en pays angevin, avec la septième légion. C'est là qu'un printemps agité le rattrape. Les Vénètes, peuple marin du Morbihan, retiennent en otage des tribuns romains envoyés pour se ravitailler. César comprend que le soulèvement peut gagner toute la façade atlantique. Il décide alors de diviser les risques : lui-même s'occupera de la flotte vénète, Sabinus matera les Unelles, et Crassus, le jeune Crassus, descendra en Aquitaine empêcher que les peuples du Sud-Ouest ne prêtent main-forte à la révolte.

L'ordre est net, mais la mission est lourde. Il s'agit d'entrer dans une région que Rome connaît mal, que Rome redoute même un peu. Quelques années plus tôt, en 78, le lieutenant Lucius Valerius Preconinus y avait été vaincu et tué ; le proconsul Lucius Manlius y avait perdu ses bagages et sa réputation. L'Aquitaine, aux yeux romains, est une terre où l'on revient difficilement. Crassus le sait. Il prend ses précautions.

— II —

Douze cohortes pour le tiers de la Gaule

Crassus dispose de douze cohortes, soit environ sept mille légionnaires. Il y ajoute une cavalerie nombreuse — un à deux mille cavaliers, selon les reconstitutions — et, surtout, il fait venir de Toulouse, de Carcassonne et de Narbonne, villes de la Province romaine voisine, un renfort trié sur le volet : des vétérans rappelés sous les aigles, des auxiliaires gaulois aguerris, des hommes que César, dans ses Commentaires, dit « intrépides ». Au total, une force d'environ dix mille combattants, dont la moitié au moins de fantassins lourds.

Ce corps expéditionnaire descend depuis le pays des Santons, longe la Garonne, la traverse probablement dans la région d'Agen — certains ont proposé un franchissement plus en aval, vers Gironde-sur-Dropt, mais l'essentiel est ailleurs : Crassus n'est pas passé par la Province. Il n'en avait pas besoin. Il entre par le nord-est dans un monde qui, pour César, « diffère de la race gauloise tant par la constitution physique que par la langue ».

Ce monde, c'est celui des Aquitains. Pas des Gaulois. César est formel sur ce point, et l'archéologie comme la linguistique lui ont donné raison : de part et d'autre des Pyrénées, un même ensemble de peuples forme, à la veille de la conquête, un massif ethnique et linguistique distinct du monde celtique. Ils sont les lointains parents des Vascons dont nous avons déjà parlé. Leur économie repose sur les troupeaux, leur territoire sur des pagi exigus et enchevêtrés, leurs mœurs sur des fidélités guerrières codifiées.

César énumère ces peuples comme on égrène un chapelet dont chaque grain est un canton gascon en germe : Sotiates, Vocates, Tarusates, Ausques, Élusates, Gates, Garumni, Sibuzates, Cocosates, Tarbelles, Bigerrions. Chacun occupe une vallée, une lande, une portion de piémont. Chacun a ses intérêts, ses querelles, ses alliances pyrénéennes. Mais devant la menace romaine, ils vont faire ce qu'ils n'avaient jamais fait : se coaliser.

Carte des peuples aquitains à la veille de la conquête romaine en 56 avant J.-C.
Les peuples aquitains à la veille de la conquête romaine. Sotiates, Vocates, Tarusates et leurs voisins occupent un territoire enserré entre Garonne, Adour et Pyrénées. Les flèches indiquent l'itinéraire de Crassus, venu du nord par l'Agenais, et la progression des renforts de vétérans depuis la Provincia.
— III —

Les Sotiates, ou l'honneur brisé

Le premier peuple sur la route de Crassus est le plus singulier de tous. Les Sotiates — Sontiates dans la graphie latine — occupent l'actuel canton de Mézin, en Lot-et-Garonne, et le Gabardan landais. Leur oppidum, identifié avec une quasi-certitude, se dresse sur l'emplacement de l'actuelle ville de Sos, en Albret, entre Nérac et Saint-Justin. Fait remarquable : contrairement à leurs voisins aquitains, ils ont un roi — un vrai roi, dont César nous a conservé le nom : Adiatuanos. Et contrairement à eux, ils ont un oppidum permanent et fortifié.

Tout, chez les Sotiates, évoque un peuple à cheval sur deux mondes : aquitain par sa position, celtisant par ses institutions. Leur richesse repose sur les mines de cuivre — César note avec précision qu'ils sont habiles mineurs, « leur pays étant plein de mines d'airain qu'ils exploitent ». Leur cavalerie passe pour la meilleure du pays. Et leur roi dispose d'une garde personnelle de six cents hommes, unis à lui par un pacte que l'aristocratie gauloise appelait soldurii — les fidèles jusqu'à la mort.

César rapporte en ethnographe saisi ce qu'il a appris de leurs usages : les soldurii partageaient avec leur chef tous les biens de la vie ; si celui-ci périssait de mort violente, ils se donnaient eux-mêmes la mort ; et, note-t-il, « il n'est pas encore arrivé, de mémoire d'homme, qu'un de ceux qui s'étaient dévoués à un chef par un pacte semblable, ait refusé, celui-ci mort, de mourir aussitôt ». Six cents hommes, donc, liés à Adiatuanos par un serment que même la défaite ne rompait pas.

Quand Crassus entre sur leurs terres, les Sotiates ne l'attendent pas derrière leurs remparts. Ils sortent à sa rencontre avec toute leur cavalerie — leur principale force, précise César — et l'attaquent en marche. Le choc est brutal mais bref : la cavalerie romaine, renforcée par les auxiliaires gaulois, repousse les Sotiates et les poursuit. C'est exactement ce qu'ils attendaient. Dans un vallon, leur infanterie embusquée se lève d'un bond et tombe sur les Romains dispersés par la poursuite. Le combat reprend, « long et opiniâtre », dit César. Les Sotiates se battent parce qu'ils « regardaient le salut de toute l'Aquitaine comme attaché à leur valeur ». Les légionnaires, eux, veulent prouver qu'en l'absence de César, sous la conduite d'un chef aussi jeune, ils valent autant que lui. La fierté commande des deux côtés.

La discipline romaine finit par l'emporter. Les Sotiates, couverts de blessures, cèdent. Crassus en tue beaucoup et, sans laisser à leurs compagnons le temps de se ressaisir, il pousse immédiatement son armée jusqu'à leur oppidum. Le siège commence.

L'attaque de l'oppidum des Sotiates par les légions de Crassus
L'attaque de l'oppidum des Sotiates. Mantelets, tours d'assaut roulantes, galeries de sape creusées par les assiégés eux-mêmes : le siège de Sos est l'un des plus beaux morceaux de l'art militaire romain au livre III des Commentaires.
— IV —

Mantelets, tours et galeries

Le siège de Sos est un morceau d'anthologie militaire. Les Sotiates, maîtres de la terre, retournent contre Rome leurs compétences de mineurs. Tandis que Crassus fait dresser les vineae — ces mantelets de bois qui abritent les sapeurs contre les projectiles — et construire des tours d'assaut roulantes pour dominer le rempart, les assiégés creusent. Ils creusent des galeries souterraines jusque sous les tranchées romaines, tantôt pour faire effondrer les ouvrages, tantôt pour tenter des sorties par en dessous. Ils multiplient aussi les sorties classiques, à découvert, contre les travailleurs romains.

César note, presque admiratif, cette compétence technique que les Aquitains tirent de leur économie minière. Mais il note aussi, avec la sobriété qui fait sa force, que rien n'y fait. L'armée romaine est une machine lente qui ne s'arrête pas. Chaque sortie est repoussée, chaque galerie bouchée, chaque brèche recolmatée, chaque tour avancée d'un cran. Les Sotiates finissent par comprendre. Ils envoient des députés à Crassus. Ils demandent à capituler. Il consent — à la condition qu'ils livrent leurs armes.

C'est ici que se produit l'épisode le plus beau, le plus tragique, et sans doute le plus gascon de toute la campagne.

— V —

La sortie d'Adiatuanos

Tandis qu'à l'une des portes les Romains s'affairent à recevoir les armes remises selon les termes de la capitulation, à l'autre extrémité de l'oppidum, discrètement, une porte s'ouvre. Par elle sortent six cents hommes, armés, et, à leur tête, Adiatuanos lui-même. Le roi des Sotiates a choisi. Il a choisi de ne pas livrer ses armes, de ne pas se rendre, de ne pas survivre à la chute de son peuple dans les conditions imposées par Rome. Ses six cents soldurii l'accompagnent comme le pacte les y oblige.

La sortie surprend un instant les Romains. Des cris jaillissent sur la portion de rempart concernée ; les légionnaires courent aux armes. Le combat est sanglant, bref, désespéré. Adiatuanos, repoussé vers la ville, n'arrive pas à percer. Mais Crassus, que cette ultime résistance n'a pas fait changer d'avis, accepte — et c'est là le trait que César relève — de l'inclure lui aussi dans la capitulation générale. Le roi aquitain rentre dans sa ville vaincue. On ne saura jamais ce qu'il devint ensuite. Son nom, Adiatuanos, qui signifie en vieux gaulois quelque chose comme « plein d'ardeur » ou « le désirant », ne réapparaît que sur quelques pièces de monnaie frappées en son nom — et qui sont, aujourd'hui encore, parmi les plus rares témoignages matériels de la Gascogne pré-romaine.

Monnaie sotiate au nom du roi Adiatuanos — avers Monnaie sotiate au nom du roi Adiatuanos — revers
Monnaie de bronze au nom du roi Adiatuanos — avers et revers. 2,09 g ; 13,9 × 15,8 mm. L'un des rares témoignages matériels de la royauté sotiate. Source : Bibliothèque nationale de France, département des Monnaies, médailles et antiques, BnF 3611 (Ancien fonds).
— VI —

La coalition aquitaine

La chute de Sos change tout. Les peuples aquitains comprennent qu'ils ont affaire à un adversaire que la valeur seule ne saurait arrêter. Alors, pour la première fois peut-être de leur histoire, ils envoient des députés les uns aux autres, unissent leurs serments, mettent en commun leurs forces. Ils font plus encore : ils appellent à leur secours les peuples du versant sud des Pyrénées, ceux de l'Espagne Citérieure, et notamment les Cantabres, réputés pour leur science de la guerre. Parmi eux se trouvent des hommes qui ont servi autrefois sous Sertorius, ce général romain dissident qui avait tenu l'Espagne contre Sylla — et ce sont ces anciens soldats romains, passés du côté aquitain, qui vont enseigner à la coalition les méthodes de Rome.

Car la coalition aquitaine, instruite par les Cantabres, ne va pas commettre l'erreur des Sotiates. Elle ne sortira pas au-devant de Crassus. Elle ne livrera pas de combat de marche. Elle va faire ce qu'aucun peuple aquitain n'avait jamais fait : construire un camp à la romaine. Retranchements, fossés, levées de terre, disposition en quadrilatère, portes fortifiées. Les Aquitains apprennent à Crassus qu'ils ont appris de Rome.

Ce camp, ils l'installent quelque part au nord de l'Adour, peut-être dans la région de Laluque ou de Bégaar, dans le Tursan ou ses marges — les hypothèses se disputent le terrain depuis un siècle sans pouvoir trancher. Ce qui est sûr, c'est que le camp est fortement retranché, bien placé, difficile à prendre d'assaut, et qu'il commande la route que Crassus suit depuis Sos vers l'ouest.

Crassus arrive. Il dresse son propre camp face à l'adversaire. Et là, les jours passent.

— VII —

La bataille derrière le camp

Les Aquitains, forts de leur position, jouent la montre. Ils reçoivent des renforts chaque jour. Ils évitent l'engagement. Leur calcul est simple : faire jeûner les légions de Crassus, les contraindre à se retirer pour se ravitailler, les tailler en pièces pendant leur retraite. C'est la tactique des vaincus patients.

Crassus comprend la manœuvre. Il réunit son conseil de guerre. Les officiers tombent d'accord : il ne faut pas attendre. Chaque jour perdu renforce l'ennemi. Le lendemain, à la première heure, l'armée romaine sort de son camp et se range en bataille devant le camp aquitain. Les Aquitains, sûrs de leur retranchement, ne bougent pas. Ils laissent les Romains s'exténuer sur la plaine.

Crassus avait prévu cela aussi. Il avait, dans les heures qui précédaient l'aube, fait discrètement reconnaître les abords du camp adverse. Ses éclaireurs lui avaient rapporté un détail décisif : la face arrière du camp aquitain, celle que les assiégés estimaient protégée par la nature du terrain, était en réalité mal fortifiée. Les portes de l'arrière étaient étroites, peu gardées, et l'on pouvait y parvenir par un détour.

Alors Crassus divise ses forces. Il laisse l'essentiel de ses légions en ordre de bataille devant le camp, sous les yeux de l'ennemi, comme pour continuer à le provoquer. Et il fait partir, en secret, toute sa cavalerie et une partie de ses cohortes, avec pour mission de contourner largement le camp aquitain et de venir l'attaquer par l'arrière, là où personne ne les attend.

La manœuvre réussit au-delà de toute espérance. Lorsque les Romains débouchent par l'arrière, les Aquitains, qui regardaient tous devant eux, comprennent en un instant qu'ils sont perdus. Le camp est enlevé. Ceux qui en sortent par les portes de devant pour fuir tombent sur les cohortes restées en bataille. Ceux qui restent à l'intérieur sont submergés. César évalue à cinquante mille le nombre des combattants aquitains et cantabres ; trois quarts, dit-il, périssent ce jour-là. Le chiffre est sans doute grossi, comme souvent chez lui, mais le fait demeure : en une matinée, la résistance aquitaine est anéantie.

— VIII —

La lande de la paix

La nouvelle se propage comme un feu d'herbe sèche à travers toute l'Aquitaine. Les Tarbelles d'Aquae (la future Dax), les Bigerrions du pays de Tarbes, les Ptianii, les Vocasates, les Élusates du pays d'Eauze, les Garites, les Ausques de la future Auch, les Garumni, les Sibusates, les Cocosates : tous envoient des députés à Crassus. Tous livrent des otages. Tous font leur soumission. Seuls, dit César, quelques peuples des confins les plus reculés y manquent, « se fiant à la mauvaise saison qui approchait ».

Une tradition ancienne, rapportée au XIXe siècle par l'érudit Chaudruc de Crazannes, veut que Crassus ait reçu ces députations à Lannepax, dans le Gers, dont le nom même — Lanae pax, la lande de la paix — conserverait le souvenir. La filiation étymologique est contestée. L'image reste : une vaste étendue ouverte, quelque part entre Armagnac et Astarac, où s'inclinèrent les derniers peuples libres de ce qui allait devenir, pour cinq siècles, la Gallia Aquitania.

C'est peut-être aussi sur le chemin du retour, ou peut-être en route vers cette soumission générale, que Crassus serait passé à Aire-sur-l'Adour. L'Adour, en cette fin d'été 56, devait rouler une eau basse et claire, bordée de chênes et d'aulnes. Il y a quelque chose de romain et de pastoral dans l'image — l'officier victorieux, appuyé contre un tronc, regardant passer l'eau, comptant déjà les jours qui le séparent de Rome et du consulat que sa famille prépare pour lui.

— IX —

Épilogue : Carrhes, 53

Publius Crassus ne vit pas longtemps sa victoire. Fin 56, César le renvoie à Rome pour y soutenir la candidature de son père au consulat. En 55, il épouse Cornelia Metella, très jeune, très belle, très cultivée. En 54, il quitte définitivement la Gaule pour rejoindre son père parti combattre les Parthes, emmenant avec lui mille cavaliers gaulois qu'il avait levés et aimés. L'année suivante, à Carrhes, en Mésopotamie, l'armée romaine est écrasée. Publius, encerclé avec son détachement, demande à l'un de ses officiers de le tuer plutôt que de tomber vivant entre les mains de l'ennemi. Sa tête est portée à son père, que l'on tuera peu après. Il avait vingt-neuf ans.

De lui il ne reste qu'un nom dans les Commentaires et, en Gascogne, une campagne de quelques semaines qui fit entrer tout un pays dans l'orbite de Rome. Aucun monument ne la commémore. Aucune plaque ne la signale. Seulement, ici et là, une tradition qui se transmet — dire que Crassus s'est reposé sous un chêne ici… — et qui résiste, contre toute raison, au temps qui passe.

S · P · Q · R
D'après César, Guerre des Gaules, Livre III, 20-27
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